Source : L'Usine Nouvelle

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Le chanvre et la paille, isolants oubliés de la transition énergétique

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Analyse Au Pavillon de l'Arsenal, à Paris, une exposition présente une sélection de bâtiments conçus avec des matériaux biosourcés. Le chanvre et la paille, utilisés comme isolants, sont mis à l'honneur. Des matériaux facilement disponibles en France et pourtant encore peu utilisés.

Le chanvre et la paille, isolants oubliés de la transition énergétique

Réduire la place de la voiture, se convertir aux énergies renouvelables... Les édiles ne manquent pas d’idées pour améliorer le bilan énergétique de leur ville. Pourtant, l’habitat constitue un gisement d'économies peu exploré, lorsqu'il s'approvisionne dans nos campagnes. Le ciment représente environ 6% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Circuits courts

 

"Mettre en œuvre des matériaux à base de plantes à croissance rapide n’est pas seulement un important potentiel de création d’emplois, c’est aussi une gigantesque opportunité pour stocker une grande quantité de carbone", observe Dominique Gauzin-Müller, une spécialiste de l’architecture écologique. Elle organise le Fibra Award, le premier prix mondial dédié aux architectures contemporaines en fibres végétales. En France, 5% de la paille produite chaque année suffirait à isoler tous les nouveaux logements en circuits courts. Quelque 90% des approvisionnements sont issus d’un rayon de 50 km autour des chantiers.

Des logements mieux isolés

Dans les Vosges, en 2013, un bailleur social a construit 26 logements en panneaux en bois massif d’épicéa, avec une isolation en caissons remplis de paille. Résultat, une étanchéité à l’air deux fois meilleure que le niveau standard. Aujourd’hui, il a systématisé le procédé. Plus de 70 000 tonnes de chènevotte, la partie ligneuse du chanvre, sont produites en France, mais seulement 7 % sont utilisées pour l’isolation. Ce qui freine ? Le manque d’économies d’échelle et de formation. Pourtant, les filières se développent et les garanties en matière de résistance au feu ont été prouvées. Et si l’on faisait feu de tout bois, au lieu de faire long feu ?


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