Si le message ne s'affiche pas correctement, cliquez ici

Bonjour à toutes et tous,
Source : Rfi
https://www.rfi.fr/fr/culture/20251107-peter-watkins-r%C3%A9alisateur-oscaris%C3%A9-de-la-bombe-en-cinq-films-inclassables
Peter Watkins, réalisateur oscarisé de «La Bombe», en cinq films inclassables
En conflit constant avec les réseaux de diffusion de la télévision et du cinéma, le réalisateur d’origine britannique Peter Watkins a surtout été un immense expérimentateur du langage filmé. Tout au long d'une carrière artistique qui s’est achevée avec le XXe siècle, il a constamment brouillé les frontières entre documentaire et fiction. Il vivait depuis 2007 en France, dans la Creuse, où il est décédé le 31 octobre, au lendemain de son 90e anniversaire.
Publié le :

Toute sa vie, ce fils de la classe moyenne né en banlieue de Londres, a réalisé des films échappant à ce qu’il théorisera vers la fin des années 1990 comme la « monoforme », autrement dit une certaine uniformité du montage, de l'usage de la musique et de la narration dans le but de déclencher les mêmes émotions chez tous les spectateurs, une méthode qu’il comparera au marteau à réflexes que le médecin utilise pour tester les réactions neurologiques des patients.
Sa vie professionnelle fut marquée par des exils successifs, d’abord de l’Angleterre où la BBC, côté télévision, et Universal Pictures, côté cinéma, refusent de montrer ses films sous pression du gouvernement ou par crainte d’un scandale public. Il connaît les mêmes difficultés en Suède, aux États-Unis, puis de nouveau dans les pays scandinaves, et pour finir en France, où Arte le lâche face aux attaques de la critique.
Un quart de siècle plus tard, Peter Watkins apparaît pourtant comme une référence majeure, dont l’inventivité intéresse tout aussi bien les théoriciens du cinéma que les réalisateurs en quête de dispositifs innovants propres à susciter la réflexion du spectateur. Pour qui souhaiterait le découvrir ou redécouvrir, voici cinq films incontournables.
Diffusé en 1964, ce téléfilm de 69 minutes est un docu-drame, autrement dit la reconstitution dramatisée de faits réels, où la fidélité historique est absolument primordiale. Si le sujet est la lointaine bataille de Culloden, en 1746, qui voit l’Angleterre asseoir son pouvoir sur l’Écosse dans un affrontement qui tourne au massacre, Peter Watkins lui redonne vie en prenant pour acteurs des descendants des Highlanders morts au combat. Il tourne l’essentiel du film caméra à l’épaule, ce qu’il nomme sa « caméra-liberté », interviewant les soldats à la façon d'un reporter. Dans sa description de la répression orchestrée par l’armée anglaise, il établit un parallèle avec l’intervention des États-Unis au Vietnam. Primé aux British Academy Film Awards (Bafta), Culloden est le seul film de Peter Watkins à avoir eu du succès dans son pays natal.
Le titre original, The war game (« Le jeu de guerre »), dit bien mieux le fossé abyssal qui se creuse entre l’équilibre de la terreur imposé par la guerre froide et la réalité d’une guerre nucléaire. Peter Watkins reprend les codes du reportage télévisé pour décrire les conséquences à court et moyen terme d’un bombardement atomique du Kent, au sud de l’Angleterre, dans le cadre d’un conflit généralisé. Il se base sur les connaissances accumulées lors des bombardements conventionnels et nucléaires de la Seconde Guerre mondiale et de deux décennies d’essais nucléaires. Commandé par la BBC, le documentaire n'est pas diffusé par la chaîne officiellement pour des raisons de qualité, en réalité sur pression du gouvernement qui le trouve, à raison, extrêmement réaliste et alarmiste. À la suite de cet épisode, Peter Watkins démissionne de la BBC. Le film est primé aux Bafta, à la Mostra de Venise et obtient l’Oscar du meilleur documentaire.
NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
Je m'abonneÀ lire aussiComment penser le monde à l'ère de la menace atomique?
Comme The War Game, ce faux documentaire est une uchronie, une reconstruction fictive de l'histoire. Il imagine les conséquences possibles, dans un futur proche d’un état d’urgence décrété par le président des États-Unis Richard Nixon pour mettre fin à la contestation grandissante contre la guerre du Vietnam. Les opposants se voient proposer, comme alternative à la prison, une chasse à l’homme de trois jours dans un centre d’entraînement pour la Garde nationale. Qu’un réalisateur britannique s’autorise un tel regard sur des États-Unis en crise n’est pas bien perçu. Le film ne reste que quatre jours à l’affiche à New York. La critique européenne est bien sûr plus clémente et Punishment park est présenté au Festival de Cannes.
De nouveau sur les routes de l’exil, Peter Watkins trouve refuge en Norvège. Durant deux décennies, il arpente les pays scandinaves. Avec ce biopic de 3h30 du peintre norvégien Edward Munch, il rappelle aussi les incompréhensions dont il a fait l’objet en tant qu’artiste. Ce film connaît un très grand succès et est diffusé dans de nombreux pays. Dix-huit ans plus tard, Peter Watkins s’attaque à une autre grande figure artistique scandinave, le dramaturge August Strindberg, cette fois sans succès. Le film ne connaît aucune diffusion.
En 1999, alors qu’il a annoncé la fin de sa carrière sept ans plus tôt, Peter Watkins se lance dans une entreprise monumentale autour de l’histoire de la Commune de Paris, de mars à mai 1871. Il y met en œuvre sur 5h45 tout ce qu’il a expérimenté jusque-là : l’utilisation de comédiens amateurs, des entretiens « sur le vif », caméra à l’épaule, comme dans un reportage, les va-et-vient entre passé et présent, en l’occurrence le souvenir des grèves de 1995 en France. Il n’hésite pas non plus, dans un anachronisme assumé, à imaginer des reportages télévisuels en plein XIXe siècle, s’en servant au passage pour critiquer les médias actuels. Mal accueilli par Arte qui ne le soutient guère lors de sa diffusion, le film sort au cinéma dans une version « réduite » de 3h30 en 2007. Il est considéré aujourd’hui comme une œuvre de référence sur l’histoire de la Commune.
À lire aussiLa guerre de 1870 et les Communes: deux histoires globales

AMITIÉS À TOUTES ET TOUS, MOBILISONS, RÉSISTONS, TRANSFORMONS

Nous écrire : midipyrenees@amisdelaterre.org ou
Nouvelle adresse Postale: BP 32 123, 31 522 Ramonville-Saint-Agne Cedex
Nous téléphoner : 07 81 90 49 93
Notre site local : http://amisdelaterremp.fr
Le site national : http://www.amisdelaterre.org
Notre page FB : Facebook
Ce message a été concocté à partir d'un ordinateur alimenté avec de l'électricité 100% renouvelable, locale et solidaire grâce à Enercoop Midi-Pyrénées. Et vous ?