Source : La Nouvelle République
https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/saint-laurent-nouan/centrale-nucleaire-de-st-laurent-les-objectifs-de-surete-n-ont-pas-ete-atteints-en-2021
Centrale nucléaire de Saint-Laurent : les objectifs de sûreté pas atteints en 2021
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La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux a connu quelques déboires en matière de sûreté en 2021.
© Photo archives NR, Jérôme Dutac
A l’heure du bilan 2021 de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux en Loir-et-Cher, le directeur est revenu sur les incidents tout en exposant les efforts menés depuis.
L’année 2021 fut dense sur le site de production d’électricité de Saint-Laurent-des-Eaux. Mardi 11 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse, Nicolas André, directeur de la centrale, et Nicolas Bouton, directeur délégué, ont dressé le bilan de ces douze mois passés au cours desquels 123,5 millions d’euros ont été dépensés en exploitation et maintenance, soit 50 % de plus qu’une année classique. Sur cette somme, 38 % ont été facturés localement à des entreprises de Loir-et-Cher, du Loiret et d’Indre-et-Loire, contre 15 % il y a quatre ans.
Au cours de l’année 2021, 9 TWh soit 9 milliards de kWh ont été produits à Saint-Laurent, l’équivalent de deux millions de foyers alimentés. Les visites partielles des deux unités, qui ont duré trois et cinq mois, ont mobilisé les équipes. Le reste du temps a été consacré à la production d’électricité.
Ces arrêts qualifiés d'inattendus ne sont pas satisfaisants, nous en voulons le moins possible
C’est au niveau de la sûreté que le site a connu quelques déboires. EDF a subi quatre arrêts automatiques de réacteur, qui ont stoppé brutalement la production. Ceux-ci ont été systématiquement classés au niveau 0 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (Ines) qui comporte 8 niveaux de 0 à 7. "Ces arrêts qualifiés d’inattendus ne sont pas satisfaisants, nous en voulons le moins possible", a déclaré Nicolas André.
L’exploitant a signalé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) quatre événements significatifs de sûreté de niveau 1 sur l’échelle Ines, dont certains faisant l’objet d’une nouvelle appréciation après leur classement initial au niveau 0. Sur ces quatre événements, figurent le défaut d’intégration d’un retour d’expérience, un problème de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible pendant une quarantaine de minutes, la découverte d’une vanne en position fermée alors qu’elle aurait dû être ouverte et un écart de conformité sur des requis sismiques constaté sur des tuyauteries. Par ailleurs, un événement significatif de radioprotection de niveau 1 a été recensé concernant un salarié EDF. Celui-ci a été contaminé à hauteur de 162 millisieverts (la dose réglementaire annuelle est de 500 millisieverts). "Dès lors qu’une contamination dépasse les 25 % du seuil réglementaire, nous sommes obligés de le déclarer", indique Nicolas André.
Au mois d’août, dans nos colonnes, l’ASN avait pointé un manque de rigueur de l’exploitant et n’imputait pas ces défauts à un problème de vieillissement des installations. Pour mémoire, EDF avait déclaré pour la centrale de Saint-Laurent quatre événements de niveau 1 en 2019 et aucun en 2020.
"Comme nos objectifs n’ont pas été atteints, nous avons engagé un renforcement de notre plan de management dans certains secteurs. Dans celui de la maintenance, nous avons rappelé nos exigences en termes de qualité et de précision du renseignement des documents, explique le directeur. Pour développer la culture de la sûreté, une question sur ce point est posée chaque matin dans des services. Ce plan a été présenté en septembre à l’ASN et à la Commission locale d’information (CLI)."
Sur ces neuf événements significatifs et arrêts automatiques, huit ont eu lieu en début d’année 2021, avant le renforcement du plan de management. Le dernier arrêt automatique en date, survenu le 31 décembre, était dû à une panne technique. "Les résultats sont donc encourageants. A nous de confirmer dans les prochains mois."
Trois principaux événements marqueront l’année 2022 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux.
Le 12 mars, un arrêt est prévu pour des travaux préparatoires de génie civil dans le bâtiment réacteur de l’unité de production n°2 en amont de la visite décennale en fin d’année.
En août prochain, l’unité de production n°1 subira un arrêt simple pour un rechargement en combustible.
Enfin, débutera en octobre la quatrième visite décennale de l’unité de production n°2. Objectifs : permettre la prolongation de la durée de fonctionnement après quarante ans de service et augmenter encore le niveau de sûreté des réacteurs. Au cours de cette visite décennale, des opérations de maintenance seront réalisées. "On va notamment remplacer un morceau du circuit primaire", annonce Nicolas Bouton, directeur délégué du site. Des modifications seront aussi apportées, issues du retour d’expérience du parc nucléaire mondial. Des inspections seront menées sur des pièces maîtresses, comme sur la cuve dont il est indispensable de savoir si elle est compatible avec une exploitation de dix années supplémentaires. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donnera elle seule l’autorisation d’exploitation pour les dix prochaines années.
Un pic d’activité est attendu à l’automne, au moment de cette visite décennale, avec sur le site près de 2.500 personnes (salariés EDF et prestataires). La centrale prépare donc cet afflux massif de personnel. En matière de restauration, la cantine des salariés EDF, comme celle des prestataires ainsi que la cafétéria sont agrandies. Des partenariats avec des food trucks ont également été conclus. Quant à l’hébergement, les campings locaux seront ouverts pour l’accueil des travailleurs. Pour le volet formation, Nicolas André, directeur du site, a rappelé qu’il attendait aussi l’ouverture de la Maison des entreprises, prévue en juin 2022, à Mer.
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