Guerre en Ukraine : les Etats-Unis appellent une nouvelle fois la Russie à cesser ses menaces nucléaires

Dans un discours télévisé, Vladimir Poutine avait fait mercredi une allusion à la bombe atomique en se disant prêt à utiliser « tous les moyens » face à l’Occident qu’il a accusé de vouloir « détruire » la Russie.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Antony Blinken, avait déjà mis en garde contre les conséquences "catastrophiques" en cas d'utilisation de l'arme nucléaire par Moscou. DAVID DEE DELGADO / AFP
Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Antony Blinken, avait déjà mis en garde contre les conséquences "catastrophiques" en cas d'utilisation de l'arme nucléaire par Moscou. DAVID DEE DELGADO / AFP

    Un énième avertissement. Les États-Unis ont demandé via des canaux privés à la Russie de mettre fin à son discours agitant la menace nucléaire dans la guerre en Ukraine, une arme dont l’utilisation aurait, prévient Washington, des conséquences « catastrophiques ». « Nous avons été très clairs avec les Russes, publiquement et en privé, pour qu’ils cessent de parler d’armes nucléaires », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un entretien à la chaîne CBS News diffusé dimanche.

    « Il est très important que Moscou nous entende et sache que les conséquences seraient horribles. Et nous avons été très clairs à ce sujet », a souligné le secrétaire d’État. « Toute utilisation d’armes nucléaires aurait des effets catastrophiques pour le pays qui les utilise, bien sûr, mais aussi pour beaucoup d’autres ».

    « Ce n’est pas du bluff »

    Mercredi dans un discours télévisé, Vladimir Poutine avait fait une allusion à la bombe atomique en se disant prêt à utiliser « tous les moyens » dans son arsenal face à l’Occident qu’il a accusé de vouloir « détruire » la Russie. « Ce n’est pas du bluff », avait aussi assuré le président russe. Washington a déjà émis plusieurs mises en garde, avec un vocabulaire de plus en plus dur, contre un éventuel recours à l’arme nucléaire de Moscou.



    Interrogé avant que le président russe n’agite implicitement cette menace, Joe Biden avait lancé ce message : « Ne le faites pas. Ne le faites pas. Ne le faites pas. Vous changeriez la face de la guerre d’une manière jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. » Il avait averti que la réponse américaine serait « conséquente », mais sans plus de précision.

    Les référendums d’annexion, la nouvelle arme de Poutine

    La doctrine militaire russe autorise l’utilisation d’armes nucléaires tactiques sur le champ de bataille pour forcer un ennemi à battre en retraite. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait expliqué que la doctrine de Moscou était « un document public ». Mais cette doctrine prévoit aussi la possibilité de recourir à des frappes nucléaires si des territoires considérés comme siens par Moscou sont attaqués, ce qui pourrait être prochainement le cas avec les régions ukrainiennes dans lesquels se déroulent depuis vendredi des référendums d’annexion.

    Ces scrutins, qualifiés de « simulacres » sans valeur juridique par Kiev et ses alliés occidentaux, se déroulent dans les régions de Donetsk et de Lougansk, qui forment le bassin minier du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, ainsi que dans les zones occupées de Kherson et de Zaporijjia, dans le sud du pays. De son côté, Volodymyr Zelensky a répété sur CBS prendre très au sérieux les menaces de son homologue russe, en se fondant sur les frappes qu’il accuse Moscou d’avoir commises à proximité notamment de la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe.